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Portfolio / Design / 2025
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En bref

La Salle Pleyel accueille depuis 1927 des artistes venus d'univers très éloignés les uns des autres. Nous y avons réalisé le reportage photographique de deux concerts que tout oppose : le rap de Disiz, porté par des lumières saturées et une gestuelle ample, et le piano solo de Sofiane Pamart, joué dans un dépouillement presque total. Un seul lieu, deux écritures visuelles à inventer, et aucune seconde prise possible.

Notre approche

En quoi consistait la commande ?

Couvrir photographiquement deux concerts à la Salle Pleyel, l'un de Disiz, l'autre de Sofiane Pamart, et livrer un corpus d'images exploitable par la salle et par les artistes. Le reportage devait rendre l'atmosphère du live sans jamais interférer avec la performance ni avec l'expérience du public.

Comment photographie-t-on un concert en lumière scénique ?

En composant avec la lumière existante plutôt qu'en la corrigeant. Un plan de feu change à chaque titre : la couleur, l'intensité et la direction varient en permanence. Nous travaillons à grande ouverture et en sensibilité élevée, sans flash, et nous anticipons les montées de lumière plutôt que de les subir.

Pourquoi deux traitements différents pour un même lieu ?

Parce que les deux concerts ne racontent pas la même chose. Le set de Disiz est une adresse au public, faite de mouvement et de couleur saturée : il appelle des plans serrés et des contre-jours. Le piano solo de Sofiane Pamart repose sur la concentration et le silence : il appelle des cadres plus larges et un clair-obscur plus tenu.

Qu'est-ce qui distingue la photo de concert d'un shooting classique ?

L'absence de reprise. En studio, une lumière se règle et une pose se rejoue. Sur scène, chaque instant n'arrive qu'une fois, dans une lumière qu'on ne contrôle pas, depuis un emplacement qu'on ne choisit pas entièrement. La préparation en amont compte donc autant que la prise de vue elle-même.

Comment la post-production a-t-elle été abordée ?

En conservant les dominantes colorimétriques réelles des projecteurs. Neutraliser un rouge de scène ou un bleu de contre-jour reviendrait à effacer ce qui fait l'identité visuelle du concert. L'étalonnage renforce la matière et le contraste sans réécrire l'ambiance dans laquelle les images ont été prises.

01

Les défis du projet

Un concert impose des contraintes qu'aucun studio ne connaît : la lumière change à chaque seconde, la scène ne se rejoue pas, et le photographe ne doit jamais se voir.

  • Travailler en lumière scénique, très contrastée et changeante, sans flash ni éclairage d'appoint qui trahirait la présence du photographe.
  • Composer depuis des placements imposés, sans accès libre à la scène pendant la performance.
  • Inventer deux écritures visuelles distinctes pour deux artistes que tout sépare, dans un même décor.
  • Capter des instants non reproductibles : un geste, un regard, une montée de lumière n'arrivent qu'une fois.
  • Restituer l'architecture de la salle sans jamais qu'elle écrase les artistes.
02

Comment nous avons répondu

Nous avons traité chaque concert comme un sujet à part entière, avec un parti pris photographique arrêté avant même l'entrée en salle.

  • Repérage préalable de la salle, des axes de prise de vue et des plans de feu, pour savoir où se placer avant que le concert commence.
  • Disiz, l'énergie : plans serrés, contre-jours assumés, et la couleur des projecteurs traitée comme un élément de composition à part entière plutôt que comme une contrainte à corriger.
  • Sofiane Pamart, l'intimité : cadres plus larges et plus calmes, travail sur le clair-obscur et sur la relation entre l'artiste et son instrument.
  • Ouverture large et montée en sensibilité pour conserver la matière de l'image sans ajouter la moindre source lumineuse.
  • Étalonnage respectant les dominantes réelles des projecteurs en post-production, plutôt qu'une neutralisation colorimétrique qui aurait effacé l'ambiance du live.
03

Le résultat

Les images ont été livrées à la salle comme aux artistes, exploitables en communication comme en archive.

Un concert produit des instants qu'aucune captation vidéo ne retient vraiment : un visage à contre-jour, un geste suspendu, une couleur qui n'a existé que pendant huit secondes. C'est ce que ce reportage cherchait à garder.

Le corpus livré couvre les deux performances et sert autant la communication de la salle que celle des artistes, avec des images utilisables sur des formats très différents, du réseau social à l'affichage grand format.

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